L’évolution du marché des livres scolaires

La nécessité de rehausser le niveau scolaire des jeunes amène l’État à encourager l’achat des livres scolaires, qui sont des bases nécessaires pour asseoir les connaissances. Les éditeurs qui en ont directement la charge et dont le but est également t’en tirer des bénéfices, sont parfois confrontés à la triste réalité du marché, qui rime avec la situation socio-économique.

Les livres scolaires vous coûtent-ils trop chers ?
Les livres scolaires vous coûtent-ils trop chers ?

Des statistiques peu flatteuses

Le marché des livres scolaires affiche une tendance générale à la baisse depuis plusieurs années, d’une trentaine éditeurs généralistes dans les années 80, ils sont désormais moins de 10 à se prêter à ce jeu du marché, avec les plus grandes éditions en tête de lice ; Hachette Livre, Bordas, Nathan et Editis.

Les données du Syndicat National de l’Edition sur ce marché relèvent entre 2013 et 2014 une hausse en volume équivalente à 3,4% qui contraste avec une baisse de la vente de 5,3%, soit un montant de 200 millions d’Euro seulement enregistré sur les ventes en 2014. Le livre scolaire donne donc l’impression d’avoir perdu un peu de son souffle, une situation que les éditeurs ressentent tout autant.

Le dilemme des éditeurs

La production des manuels scolaires implique souvent des coûts énormes, dont de nombreux exemplaires gratuits qu’il faut envoyer aux enseignants pour les convaincre de les adopter. Malheureusement, ce sont souvent des efforts dont les bénéfices sont sapés par la contrefaçon. De nombreux livres circulent, issus de la contrebande, tout comme ceux issus des photocopies réalisées par les utilisateurs, dépourvus de moyens financiers. En outre, les éditeurs doivent toujours travailler dans l’urgence, du fait des changements parfois in extrémistes du Ministère de l’Éducation Nationale.

C’est une situation que les éditeurs acceptent tout de même car c’est en fait ces renouvellements d’ouvrages qui leur permettent de réaliser des chiffres. Le gouvernement, conscient de son rôle d’éducateur de la jeunesse scolarisée et de son rôle de régulateur soutien la production de ces manuels grâce à des subventions. La mairie pour les manuels du primaire et la région pour ceux du Lycée. Tout ceci permet aux livres d’être vendus en moyenne entre 20 et 30 euros, dans lesquels les éditeurs s’attribuent 10% des revenus, beaucoup plus que les libraires.

L’influence de l’avènement du numérique

La nouvelle révolution du marché du livre est incontestablement l’avènement d’internet. De nombreux sites proposent désormais des versions numériques, en vente ou en libre accès, ce qui fragilise véritablement ce marché. Progressivement, l’apprentissage se tourne vers le numérique, plus besoin d’acheter des livres, les élèves sont formés sur le moyen de consulter les livres en ligne et de s’en servir de la même manière. On peut aujourd’hui estimer à 6% la présence de l’éducation numérique, mais avec sa rapide progression, il est à prévoir que ce pourcentage atteigne rapidement des proportions importantes. Les éditeurs doivent alors absolument s’adapter en demandant au Ministère de mieux les intégrer dans cette nouvelle donne, afin qu’il puisse pleinement se projeter vers ce secteur, avec des manuels adaptés, avec pour eux également la possibilité de réaliser des revenus plus importants et de minimiser progressivement les coûts de production et de diffusion.

Getboox, le 14 juin 2016

 

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